L'abandon par Apple des processeurs Intel va-t-il faire ricochet dans le reste de l'industrie informatique ? En effet, si les futurs Mac sur puces Apple creusent l'écart de manière significative avec les PC x86, comment vont réagir Microsoft et les fabricants, interroge Jean-Louis Gassée. Va-t-on assister à la fracture complète et défintive du couple « Wintel » ?
Dans sa dernière chronique sur Monday Notes, Gassée observe d'abord qu'entre les performances déjà démontrées par les puces Apple sur ses iPad Pro et celles que laissent entrevoir le Developer Transition Kit fourni aux développeurs pour préparer leurs applications, Apple semble partie sur une bonne trajectoire et bien préparée.

La comparaison entre les Mac nouvelle génération et les anciens va être au cœur des discussions lorsque sortiront cette année les premières machines. Inévitablement, ce sujet va déborder sur les PC équipés Intel.
Microsoft en est à sa deuxième tentative de se détacher d'Intel en allant vers une architecture ARM. Son dernier essai date de l'automne, avec la Surface Pro X construite autour d'un processeur co-développé avec Qualcomm.
Malheureusement pas mal d'apps importantes sont incompatibles ou tournent en émulation et très lentement. Même les grands logiciels de Microsoft ne sont pas encore optimisés alors que l'éditeur (mais aussi Adobe par exemple) ont été associés bien en amont par Apple pour l'adaptation d'Office et de la Creative Suite sur Mac ARM. D'où cette projection de Gassée :
Microsoft va devoir faire un choix : soit oublier Windows sur ARM et laisser Apple proposer des PC modernes, soit aller de l'avant, résoudre les problèmes de compatibilité des applications et, en se basant sur ARM, offrir une alternative aux nouveaux Mac d'Apple. C’est un faux dilemme bien sûr. Microsoft ira de l'avant… avec des répercussions sur le reste de l'industrie des PC sur Windows.
Un dilemme que devront aussi affronter les Dell, Asus et autres HP ou Lenovo si, d'un côté, les Mac ARM font une démonstration convaincante de leur différence et que, de l'autre, Microsoft parvient à améliorer sa propre offre sur puces ARM : « Afin de rester compétitifs, les fabricants de PC devront emboîter le pas, ils iront sur ARM car, en dépit d'une réthorique défensive, Apple et Microsoft vont faire paraître l'architecture Intel pour ce qu'elle est réellement : ancienne » (lire Comment Intel fait piétiner les Mac).
Il ne faut pas s'attendre à un renversement du jour au lendemain, tempère l'ancien responsable d'Apple. En entreprises notamment, l'inertie face au changement est importante. Mais si la promesse de cette nouvelle architecture est tenue, « des employés dissidents au sein de ces groupes feront entrer ces nouvelles machines; ça arrive toujours ».
Après avoir loupé la révolution des smartphones, après avoir renoncé sur celle des puces 5G pour ces mêmes smartphones (lire Officiel : Apple achète l'activité « puces réseaux » d'Intel), Intel pourrait bien être menacé sur son terrain historique du PC professionnel et grand public… voire à plus long terme sur celui des processeurs hautes performances pour les stations de travail et les centres de données. Le Mac Pro, avec ses Xeon, sera probablement le dernier à basculer sur ARM, mais il basculera. Apple s'est lancée dans une transition qui ne fera aucune exception.
Perdre le client Apple ne creusera pas un trou béant dans la comptabilité d'Intel, mais c'est la capacité de cette petite vague à en générer d'autres, plus importantes, dans son sillage qui est de nature à inquiéter le fondeur. Et Gassée de miser sur un retour d'Intel dans le giron d'ARM par la reprise d'une licence pour exploiter cette architecture. Surtout si ses concurrents, comme Nvidia, Qualcomm, AMD redoublent d'efforts dans ce domaine et assaillent à leur tour l'architecture x86.
July 14, 2020 at 03:44PM
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Les Mac ARM vont-il précipiter la fin du couple Wintel ? - MacGeneration
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le processeur
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